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Coupés du monde....

Le fief de l'Ost Pourpre en Draenor, nommé en hommage à un ancien officier de l'ordre

Coupés du monde....

Messagepar Lomah de Sangre » Jeu 13 Nov, 2014 4:23 pm

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Introduction HRP :


Ce dimanche 15 novembre, à 21h, devant la porte des Ténèbres, marquera la séparation entre le bataillon ayant rallié la vieille Draenor et ceux qui sont restés en Azeroth.
La soirée se déroulera en deux temps :

- Acte I : La Séparation.
Toutes nos troupes réunies salueront leurs frères partant au combat avec l'espoir que cette mission soit de courte durée. Puis le Bataillon passera la porte

- Acte II: Ellipse temporelle .
Pour cause de phasing, ceux qui franchiront la porte devront avoir fait la première partie des quêtes "Bienvenue en Draenor". Nous nous retrouverons directement en Ombrelune après les événements qui ont conduit à la destruction de la porte.
Cette Ellipse sera jouée ici, sur ce topic, sous la forme de témoignages par ceux qui souhaitent communiquer les impressions et l'état d'esprit de leur personnages après avoir été coupés du monde.

- Acte III: Coupé du Monde .
Alors que le Bataillon perdu débutera son aventure en Ombrelune, avec une violente mise au point avec les responsables de l'Alliance (je vous rappelle que nous ne sommes pas au courant de cette mission "sans-retour" et que nous ne faisons qu'obéir à une convocation du Roi Varian), les officiers restés en Azeroth, Le Commandant et le Légat, recevront une missive urgente les informant de la destruction de la porte, coté Draenor. Il faudra alors s'organiser de part et d'autre.

Ceci n’est pas figé dans le marbre mais cela vous donne une idée du déroulement de la soirée. Ceux qui veulent d'ores et déjà se lancer dans la rédaction de leur témoignage, peuvent y aller. Je rappelle néanmoins à ceux qui ne souhaitent pas se spoiler avant d'avoir joué eux-même les quêtes qu'il faudra peut-être éviter de lires ce topic avant.

A vos plumes !
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Lomah de Sangre » Sam 15 Nov, 2014 11:45 pm

[HRP]Bon puisque personne ne se lance, j'y vais[/HRP]


Le Destin est un farceur. Il donne parfois l'illusion que nous le maitrisons. Il semble que ce sont nos choix qui le déterminent, mais au final il n'a que faire de nos veines espérances. Il a sa propre trame tissée drue comme un édredon de barbelé. Et quand le Chef d'Orchestre lève la main, chacun se tait.
Je suis de ces violons discordants qui n'ont jamais connu qu'une partition : la survie.
Le Chef d'Orchestre a souvent tapé sur son pupitre, pour me rappeler à l'ordre, mais jamais encore il ne m'a éteint.

Je me souviens de toi, petite rousse, je me souviens de ta terreur enfantine, de tes yeux mouillées, de l'urine qui trempait ta chemise de nuit, des battements assourdissants de ton cœur et de ta colère sans fin, alors que tes parents gangrénés par la pestilence et la folie dévoraient la chair encore palpitante de ta petite soeur. J'ai entendu ton âme hurler, hurler, hurler si fort : "Je ne veux pas mourir" que j'ai compris que nous étions de la même trempe. Des survivantes. Forgée par la volonté, l’inébranlable volonté, de vivre.
Tu m'a portée, longtemps, comme un chandelier fidèle. Et puis tu m'as offert une opportunité. Pour vivre un peu plus, pour tromper le Chef D'orchestre et faire durer la note. J'ai découvert que vivre était bien plus gratifiant que survivre : j'ai appris à aimer, à pleurer, à croire, à espérer. J'ai suivie tes pas, je nous ai sublimées. Je ne saurais dire si je suis toujours là, où si c'est simplement l'écho de ta propre conscience qui s'applique à te réveiller.

Mais tu ne peux pas mourir là, Lomah. Nous ne pouvons pas crever ici.
Alors, fait moi plaisir, ma douce chandelle...
RÉVEILLE-TOI PUTAIN DE MERDE !


********************************************************************************
- Ah !

Mes yeux s'ouvrent brusquement. Ils sont encroutés de terre et de sang. Je sens ma salive et la poussière former une bouillie infâme au fond de ma gorge. J'éprouve le besoin de tousser. Mes poumons se font furieusement la malle. Je me sens engourdie, j'ai soif et ce ciel crayeux me déroute. Ce n'est pas le mien. Je ne suis pas chez moi.
La douleur s'impose d'un coup, comme une évidence qu'un cerveau embrumé aurait laissé de coté. Je suis allongée sur le sol au milieu des débris d'une explosion. Je me rappelle vaguement les événements : notre surprise face à l'annonce d'une mission sans retour et le sentiment aigre de trahison, la destruction de la Porte, la fin de tout. Et puis la fuite, éperdue. Je me souviens de l'odeur de la poudre s'embrasant, de l'étoile de fer quelques seconde avant qu'elle ne s'écrase, suspendue en l'air comme une décoration de mauvais gout.
La moitié de mon corps git sous les gravas, je gigote, m'extirpant comme je peux, jouant des coudes, mue par la panique et les cris de ralliement de Kadghar : Le bateau... Il faut sauter dans le bateau.

Mais voilà. Mon bras ne veut pas.

Une des épines de fer du projectile orc s'est enfoncée dans mon avant bras. Je suis clouée au sol à l'instar d'un de ces stupides papillons de vitrine. Mes gesticulations ont déchiré les chairs mais pas assez pour que je puisse me dégager. Déjà mon noyaux travaille à la reconstruction. Je ne dois pas lui en laisser le temps. Résolument, je lutte pour éviter de m'évanouir et tente d'attraper ma dague. Absente. Mes gestes sont faibles, désordonnés, inefficaces. Mes ongles labourent la glaise dans une ultime tentative pour m'arracher à ce pilori. Vaine.
J'en pleure de rage. Je ne veux pas crever ici, dans ce monde inconnu, loin de mon mari, de mes enfants, de ma patrie.
Pas ici ! Pas comme ça !

Une ombre se penche alors sur moi.

Ma princesse barbare est là, ses cheveux blanc et son armure rutilante sont couvert de saletés, de morceaux de cervelle et de caillots sanglants. Nos regards se croisent, j'y lis une compréhension muette, instinctive. D'un geste sur, elle tranche mon bras au niveau du coude. Je pousse un hurlement de douleur et de libération. Je pisse le sang et j'ai mal à en crever, mais ma fureur est si vaste, si terrible, qu'aucun obstacle ne pourra m'arrêter.
La course jusqu'au débarcadère sera confuse, vaporeuse comme un songe. Je me souviens pourtant d'une chose, une seule :


- Je suis... la Flamme ! éructai-je à Aurys, en lui empoignant le col, avant de sombrer dans les ténèbres.
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Elisabelle » Dim 16 Nov, 2014 3:21 am

Trois choses.
D'abord, l'excitation. Une nouvelle mission, des orcs, la promesse d'une vengeance prompte et rapide. C'est précisément ce que tout draenei pourrait rechercher.
Ensuite, la peur. Cette sensation qui vous brûle de l'intérieur, comme un feu glacial. Il remonte lentement le long de votre œsophage, depuis l'estomac jusque dans la gorge, menaçant à chaque instant, à chaque parole, de se déverser sous forme de larmes.
Enfin, le calme. Parce que finalement, il ne sert à rien d'avoir peur. Il ne sert à rien de s'exciter. Tout arrive ainsi qu'il soit être. Les Naarus y veillent.
Normalement.

Ils avaient franchit la Porte. Une éternité d'une infinie rapidité pour parvenir de l'autre côté... et voir. Comprendre. Savoir.

La première réaction d'Elisabelle fut tout simplement de rester là. Les bras ballants. A regarder cette forêt qu'elle croyait avoir perdu à jamais. Ce ciel qui ne brillait plus, ne pouvait plus briller. A respirer cet air qui n'existait plus. Tout avait disparu, et pourtant, tout était là.
Ou presque.

Mis à part les arbres, le ciel, l'air, quelque chose se trouvait devant elle. Des orcs. Des orcs par centaines, par milliers. Peu à peu, les sons parvinrent aux oreilles de la paladine. La Connétable hurlait ses ordres. Le mage, celui qui les avait entraîné jusque là, lançait ses incantations. Ses compagnons s'organisaient. Elle devait bouger. Vite.

Elle rejoignit ses frères et sœurs d'arme. Il fallait apparemment aider l'Alliance à contrer une manœuvre de ces pourritures d'orc. Eh bien, s'il le fallait. Le chaos régnait autour d'eux, des orcs, des humains, des nains, des elfes... tout et tout le monde se battait, mourrait, hurlait. Jusqu'à l'impensable.

Les pires de tous, les dépravés, les Hérétiques, étaient libres. La draenei rejoignait ses compagnons quand elle remarqua l'expression sur leur visage. Elle leva les yeux, vers le portail. Mais voilà, il n'y avait plus de portail. Juste un trou. Sous une arche de pierre. Une arche banale. Les mots "mission suicide" parvinrent aux oreilles d'Elisabelle.

Et puis il avait fallu fuir. Toujours plus loin, toujours plus vite. Relever les blessés, tuer des orcs, brûler tout sur son passage pour ralentir l'ennemi. Encore et toujours le même ennemi. Les orcs. Ces pourritures d'orc.

Elisabelle ne prenait pas garde à ce qu'elle faisait. Tout son être était pur réflexe. La douleur qu'elle sentait parfois fuser d'une de ses jambes ne l'inquiétait pas outre mesure. Si elle avançait encore, c'est qu'elle n'était pas morte. Point.

Soudain, une explosion. Ou quelque chose comme ça. La draenei fut jetée au sol par le souffle, miraculeusement épargnée par les blocs de pierre qui giclaient partout autour d'eux. Les éclats, eux, ne la ratèrent pas. Coupée et égratignée de partout, elle se releva tant bien que mal lorsque le calme revint. Un calme effrayant de silence. Un calme trop profond pour être de bon augure. Un calme comme l'œil du cyclone, le cœur de la tempête. Avant que le pire n'arrive. Le pire? Oui.

Ses compagnons étaient là, pour autant qu'elle puisse en juger. Elle allait leur demander si tout le monde allait bien lorsqu'elle vit leurs visages. A nouveau cette expression de désarroi. Dans les trois secondes qu'il lui fallu pour se retourner, elle envisagea toutes les possibilités, des moins évidentes aux plus improbables.
- La Connétable était morte;
- tous les officiers avaient déserté;
- les Orcs avaient soudainement décidés de se rendre;
- Hadariel était mourant (là, elle eut tout de même le temps de noter la présence d'une arme blanche, bien debout, la rassurant sur ce point);
- la planète avait - encore - explosé...

Mais ce qui l'attendait était pire. Elisabelle resta interdite devant le spectacle qui s'offrait à elle. La désolation de l'instant n'avait d'égal que la fascination morbide de tous les survivants pour l'effroyable tas de rocs qui avait été une arche sculptée et modelée. Rien. Il ne restait rien de la Porte des Ténèbres. Une masse vide sur fond de junge, voilà ce qui constituait l'horizon des membres de l'Alliance désormais.

Sans qu'elle le veuille, son regard dériva vers son ancien Chevalier. L'expression de désespoir qu'elle pensait y lire semblait être le reflet de son propre sentiment. Elle qui avait toujours rêvé de revoir son monde, savait, maintenant, que rien dans tout l'Univers, n'aurait pu être pire pour eux tous en cet instant.

Trois choses.
La compréhension. Tout était clair. Ils étaient en Draenor. C'était impossible. Ils étaient bloqués.
La colère. A nouveau ce sentiment d'injustice, la haine des orcs. Parce que tout, une fois de plus, était leur faute.
La volonté. Il fallait survivre. Tout le monde survivrait. Et ils rentreraient chez eux.

Dans l'instant qui suivit la découverte du désastre, Elisabelle avait conclut un pacte avec elle même: ils rentreraient tous en Azeroth, parce que chacun devait être à sa place. Et sa place était avec eux.
Fermez les yeux, voyez la Lumière.

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Re: Coupés du monde....

Messagepar Aurys » Dim 16 Nov, 2014 10:11 am

Cela faisait déjà quelques années qu'Aurys pouvait se considérer comme connaissant intimement la guerre et toutes les choses qui s'y rapportaient.

Le terrain, elle ne s'en était jamais vraiment éloignée, depuis sa formation sur le tas auprès de la Croisade Ecarlate jusqu'à la conduite de ses propres troupes contre les réprouvés. La stratégie, elle en avait fait son pain quotidien avec ses officiers, et elle avait eu la possibilité de mettre en œuvre un bon nombre de traités qu'elle avait pu dénicher au cours de ces années à la tête de l'Ost.

Pourtant, rien ne l'avait préparée à ce qui l'attendait une fois le portail passé.

Les réprouvés, elle connaissait. Elle connaissait même plutôt bien. Même en supériorité numérique, cette sale engeance préférait éviter le combat à découvert sur le champ de bataille et privilégiait les escarmouches, les pièges et les encerclements sournois. A force de les combattre, Aurys avait fini par s'imprégner profondément de leur fonctionnement pervers, si éloigné des valeurs de la Horde.
En Norfendre, elle avait fait la découverte d'une toute autre nature de danger. La sauvagerie, la bestialité cruelle de la nature y rendaient la vie humaine dérisoire face aux éléments. Les êtres qui y survivaient avaient intégré cet état de fait et se montraient plus sauvages que la nature elle-même.

Son premier contact avec Draenor balaya en quelques instants ces conceptions venues d'un autre monde.

Tandis qu'elle luttait pour se frayer un passage, suivant de loin la chevelure argentée de Khadgar tout en s'assurant de ne pas perdre ses compagnons, la vérité lui éclata au visage en même temps que le crâne d'un ennemi. Les orcs ne faisaient pas la guerre : ils étaient la guerre. Elle leur était si naturelle, ils lui étaient si clairement adaptés, qu'on aurait pu croire qu'ils avaient été conçus dans ce seul et unique but. Ce qu'elle vit en ce jour de débarquement n'était pas le dévoiement d'une race, mais au contraire son accomplissement. Et cela, plus que toute autre chose, l'emplit d'une peur démesurée.

Une peur qui lui sembla bien futile quand la Porte des Ténèbres se ferma.

Elle avait pris peu à peu du retard sur le groupe de tête, soucieuse avant tout de ne pas éparpiller ses camarades dans la mêlée. Elle n'avait donc aucun moyen de savoir ce qui se tramait parmi les leaders de l'assaut. Savoir que la Porte ne fonctionnait plus était naturellement angoissant, et elle croisa des regards alarmés, qu'elle tenta d'apaiser tout en fendant la chair et les os. C'est temporaire ! Une porte fermée peut de nouveau s'ouvrir ! Il fallait arrêter l'hémorragie en Azeroth, nous sommes là pour ça après tout !

Tentait-elle de rassurer ses soldats, ou elle-même ?

La course ne s'arrêtait pas. Jungle, mines, villages, elle aurait été incapable de décrire précisément ce qu'ils avaient traversé ce jour-là, tant tout s'enchainait sans pause, sans possibilité de reconstituer une pensée cohérente. Jusqu'au drame.

NOOOOON

Quelqu'un entendit-il seulement son cri, à plus de cent mètres de l'endroit où Khadgar, Maraad et Thrall s'étaient accordés pour condamner l'expédition toute entière ? C'est en vain qu'elle tenta de franchir l'espace qui les séparait, car leur décision était prise et l'étoile de fer jaillissait déjà de la bouche à feu quand elle montait seulement sur le parapet. Le temps lui sembla soudain suspendu quand la monstrueuse excroissance d'acier frappa la Porte de plein fouet, provoquant son écroulement sous les yeux atterrés des orcs et des envahisseurs venus d'Azeroth. A cet instant, la sauvagerie acquise en Norfendre au cours de cette année de séparation s'empara du cœur d'Aurys, et elle se précipita vers le trio de leurs bourreaux, l'épée dressée.

Comme souvent, ce fut la voix de Lomah qui la ramena à la raison. Elle s'interrompit, cherchant la Chambellan du regard sur le champ de bataille : comment avait-elle pu l'entendre, alors qu'elle se trainait si loin d'elle ? Traversant les rangs ennemis sans tenir compte du sang qu'elle commençait à perdre en abondance, elle atterrit près de la magicienne, clouée au sol par un éclat d'acier. Aurys avait hésité à accepter sa demande de participer à l'expédition : elle avait voulu se croire que c'était pour la préserver, mais elle savait maintenant que c'était surtout parce qu'elle ne croyait pas en la capacité de Lomah de jouer un autre rôle que celui qu'elle occupait depuis des années : face aux horreurs du terrain, la citadine ne pourrait que s'effondrer, physiquement et moralement.

Jamais erreur ne fut plus amère. Epinglée comme un insecte au milieu des ennemis, incapable de bouger, Lomah révélait une furieuse envie de survivre, rageant, fulminant, prête à tout pour ne pas finir ainsi, anonyme, sur une terre qui n'était pas la sienne. C'est cette fureur vitale qui emporta la décision d'Aurys : d'un coup ajusté de sa lame, elle trancha le bras de Lomah juste au-dessus du coude. Puis, s'emparant de la magicienne comme elle l'aurait fait d'un paquet de linge sale, elle s'en retourna vers le gros des troupes, qui commençaient à fuir vers le port. Dans les yeux de ceux qu'elle croisait, elle lisait une interrogation muette, à laquelle elle répondit avec ce seul ordre.

SURVIVEZ ! SURVIVEZ COÛTE QUE COÛTE !
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Re: Coupés du monde....

Messagepar émmah » Dim 16 Nov, 2014 1:46 pm

Les cris, le sang, la guerre, rien ne semblait plus jouissif à Emmah. Ni un bain au clair de lune aux Tanaris, Ni un bon Pinot noir de Dalaran sur une terrasse face à la mer à Baie du butin, ni même le sexe!
Jamais non jamais la magicienne ne se sentait plus vivante que les pieds dans la mort, dans la chaos, dans la souffrance !!
Toujours, toujours mettre ce plaisir morbide, ce sang glacé qui coulait dans ses veines aux services des siens, toujours, toujours, sinon quel démon l'emporterait ? Dans quel abîme s'enfoncerait elle inexorablement ?
Elle se tenait juste derrière les premières lignes, toujours veillante aux arrières de ses compagnons d'armes, venant au soutient, autant qu'elle le pouvait, de ceux qui se retrouvaient face à plusieurs adversaires en même temps.
Soudain les cris derrière elle ne furent plus les mêmes ! Elle sentit sur son visage lorsqu'elle se retourna, le souffle chaud de l'explosion, ses jambes la piquer, son bras la bruler. Elle comprit en un instant : il n'y avait plus de porte des ténèbres, il n'y avait plus de retour en arrière possible. Un sourire ironique illumina son visage : Amusant non ?
A ces pieds un soldat inconnu s'écroula, gémissant, elle se pencha vers lui pour l'aider à se relevé, pour le forcer à ne rien n'abandonné.
Et comme souvent chez la magicienne, un instant de déconcentration, son esprit une seconde au bastion et à ce qu'elle y avait laissé...oh quelle conne ! Il faudrait un jour apprendre à avoir peur !! L'arme à double tranchant de l'orc s'abattait sur elle. Elle empoignât le soldat à ses pieds : Transfert, elle se retrouvait au bout du quai, à deux pas du bateau.
Emmah déposa l'homme inconnu sur le pont puis se retourna vers les siens qui courraient vers l'embarcation.
Qui était à la traine ? Qui n'y arriverait pas ? La magicienne scruta l'horizon et repartit sur le champs de bataille aider ceux de ses compagnons qui semblaient ne pas pouvoir se relever seul...Transfert !
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Grita » Dim 16 Nov, 2014 3:56 pm

C'est une boule dans la gorge qu Grita passa le portail... et ses jambes faillirent se dérober sous elle lorsqu'elle aperçut l'armée orque qui se tenait derrière. Partout où son regard portait ce n'étaient que plaques d'acier et pointes hérissées, portées par plusieurs milliers de combattants groupés en quadrilles séparées par d'immenses canons qui, lentement, au rythme des tambours, marchaient vers la porte...
Le combat commença, mais il était nettement en défaveur des azerothiens. C'était flagrant. Une poignée d'hommes, de nains et d'elfes contre... ça !?!
Le Commandant hurlait des ordres que pas la moitié n'entendait, la Connétable poussait les derniers dans les escaliers, les canons crachaient du fer et du feu, les lames s'entrechoquaient, les grognements se mêlaient aux cris de douleur. Sur un côté, une étoile de métal écrasa une dizaine de combattants en un seul tir, répandant des éclats de chair et d'acier aux alentours, éclaboussant de sang chaud les marches et la troupe de l'Ost.
Les jambes de Grita étaient désormais du coton, son souffle tellement rapide qu'elle manquait d'air sous son casque, ses poings tellement serrés sur sa masse et son bouclier qu'elle en avait mal aux doigts. Par miracle, aucun orc n'avait encore réussi à l'atteindre, mais elle le savait, si elle tombait ici, ses os seraient piétinés par des milliers de bottes cloutées et finiraient en poussière, dans un monde qui n'était pas le sien...

Repli ! Repli !


L'ordre direct lui était parvenu tel un aveu d'impuissance face à la marée orque. Le seul ordre qu'elle pouvait comprendre à cet instant, lorsque soudain une clameur lui fit tourner la tête... et là, elle eut un choc : le portail s'était refermé ! Les deux tours qui l'alimentaient en énergie gangrenée venaient de s'effondrer sur elles-même dans un nuage de poussière, laissant l'arche de pierre inerte.

Une main poussa Grita vers l'avant, il fallait fuir cet endroit au plus vite et gagner la jungle pour s'y réfugier le temps de trouver une solution aux problèmes immédiats. Survivre, c'est tout ce qui comptait désormais. Survivre pour pouvoir agir encore le lendemain, pour avoir un lendemain !

Sauf que les orcs avaient des villages dans la jungle, et passer en plein milieu aurait été le meilleur moyen de se faire repérer, ce qui entraînerait irrémédiablement l'extermination du groupe ! Grita osa lever le regard sur son Commandant pour se proposer comme diversion, après tout elle avait fait le choix de venir ici et si cela devait signifier sa perte pour la survie du reste de la troupe, elle était prête à se sacrifier pour ses pairs.

Pour l'Alliance !

Arme au poing, elle fracassa quelques crânes avant de se saisir d'une torche et d'allumer une première hutte. Le crépitement du bois sec et les cris lui arrachèrent un maigre sourire... ça allait marcher ! Lançant la torche sur le toit d'une seconde hutte, la paladins reprit son arme et courut à l'opposé des siens, vers la jungle, poursuivie par une demie-douzaine d'orcs en arme.
Et disparut au travers des arbres...

à suivre...
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Augustus V. Lutgardis » Dim 16 Nov, 2014 4:02 pm

Un pas vers l'avant pouvait précipiter bien des chutes. Un pas, si simple, une enjambée aussi naturelle qu'il était de respirer, était capable du pire, de sceller inexorablement un destin. Les troupes rangées de l'Ost Pourpre avaient franchis le portail des ténèbres ensemble, dans un front unis de tabard pourpres et dorés, et ensemble ils avaient happés dans le plus effroyable des conflits. Des ennemis par centaine de milliers les attendaient dans une ambiance chaotique où se mêlaient odeur de souffre, de sang et de poudre. Augustus n'avait jamais rien vu de tel. Des immenses bannières de fer ralliaient des orcs à perte de vue et des armes cauchemardesques bombardaient les marches de la porte des ténèbres, fauchant les renforts d'Azéroth à chaque salve. En une fraction de seconde, la percée changeait la donne et les deux armées s'entrechoquèrent. Dans la tourmente de la bataille, le Gilnéen s'était rasséréné : s'il avait fait un pas en avant pour arriver là, un pas en arrière le ferait revenir sur son monde. Un seul coup d'oeil en arrière lui fit comprendre que ce pas là était dorénavant impossible : les énergies du portail s'étaient éteinte et la communication avec Azeroth s'était tue.

Ce seul coup d'oeil éveilla en lui les pires craintes. Mais il n'était pas encore temps pour y réfléchir que des masses de muscles en armures fondirent sur son bataillon, toutes haches et lames dehors. Le blanc manteau du gilnéen fut rapidement couvert de suie et de sang, allié et ennemi. Chaque fois que sa lame le protégeait il remerciait l'exercice qu'il avait reçu. Garder sa concentration à tout prix était son seul objectif. Un envahisseur orc se jeta sur son côté avec la ferme intention de lui enfoncer sa hache dans le ventre, et avant même que la lame ne touche le gilnéen dépourvus de défenses de plaque l'orc était dévoré par des flammes chaotiques conjurées par l'exorciste. C'était moins une.

Puis, une explosion. Un souffle si immense que la terre tremblait sous ses pieds, lui faisant perdre l'équilibre. Le souffle de l'explosion d'énergie l'avait jeté au sol et fait roulé au delà du portail, dans la végétation gangrénée par les énergies de la Porte des Ténèbres. Ses doigts s'étaient resserrés et agrippaient la terre humide de sang, et tâtaient à la recherche d'un appuis. Sonné et déboussolé, sans repères, il crut que sa fin était venue. Ses doigts rencontrèrent une étoffe et ses yeux embués aperçurent le pourpre de son propre tabard. L'étoffe imbibée virait doucement au carmin. Il caressa un instant la cloche dorée, comme pour chasser les saletés incrustées dans le tissu et redorer le symbole de sa lutte. Il s'accrochait au souvenir de ses camarades avec qui il avait franchis la porte, et à ceux à qui il avait fait ses adieux.

Une main puissante le tira de son hébétement pour le mettre sur pied.

SURVIVEZ ! SURVIVEZ COÛTE QUE COÛTE !

COUREZ...COUREZ ! COUREZ !!!!

AU PORT ! LES BATEAUX !


Fuir? Mais pourquoi? C'était en regardant autour de lui qu'il trouva ses réponses : de la porte il ne restait plus que gravas et rocs découpés. C'était finis de la Porte des Ténèbres. Finis d'Azeroth, finis de sa lutte contre les Réprouvés, pour le Nord. Plus jamais il ne reverrait Gilnéas. Tout ses rêves avaient été balayés avec la porte. Pris de vertige par ses successions d'idée, il ne put se retenir de vomir, tremblant de peur et engourdis par la bataille. Le gentilhomme n'était plus qu'un inconnu dans la masse, terrassé par les événements.

«Gil...Gilnéas se... Gilnéas se trouvait derrière cette porte! RENDEZ-LA MOI !» finit-il par hurler en pleurant de froides et amères larmes. Sa plainte passa bien entendu inaperçue dans la tourmente de la bataille et des cris.

Sa tenue était déchirée, sa lame perdue dans les gravas et son chapeau troué de part en part. Tout s'était passé si vite qu'il se rendit compte qu'il avait croisé le fer bien plus qu'il n'en n'avait eu l'impression. Ses tripes ne cessaient de le menacer de le lâcher et son coeur se déchaînait si fort dans sa poitrine que la douleur se rependit dans tout son corps. Les soldats trébuchaient et courraient à toute allure vers une seule direction : celle des bateaux de la Horde de Fer. Poussé par l'afflux de militaires qui criaient et voulaient survivre, Augustus fut emporté vers le port, ses jambes se mouvant par une seule envie : vouloir rentrer chez lui. Passant entre les ennemis, parfois heurtant de plein fouet quelqu'un, marchant sur les cadavres sans distinction, il ne cessait de continuer à fuir. A faire un pas en avant.
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Lishaasi » Dim 16 Nov, 2014 4:43 pm

La draenei avait suivi son groupe. Au moment où ils franchirent le portail, ce ne fut pas les orcs qu'elle vit en premier, mais les arbres. Ses yeux s'arrondirent, mais la réalité se rappela très vite à elle. Les fracas du combat et de la guerre. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de combat, elle les avait au maximum évités, sur Dranenor, puis en Outreterre. Mais elle n'avait pas le choix, elle évitait les coups, donnait des coups de dague, envoyait des salves d'éclairs. Elle combattait avec ses compagnons, les couvrant, et réciproquement.

Elle voyait la masse d'orcs face à eux. Elle ne voyait pas vraiment comment ils pourraient en venir à bout, mais écarta vite cette pensée. Pour le moment, il fallait tenir. Mais une sensation étrange l'envahit, et elle jeta un oeil en arrière. Son cœur rata un battement. Le portail, où était le portail ? Mais déjà, l'ordre de fuite était lancé, et il n'était plus temps de se poser des questions.
Dans le fracas des armes, les cris et les gémissements, elle suivit son bataillon dans la jungle. Elle ne put empêcher les images de sa fuite vers l'Exodar se surimprimer sur son actuelle situation. Mais là, plus de porte, pas de vaisseau. Tant pis, l'important, c'était de survivre, et d'aider les siens à survivre. Elle envoya des éclairs, sentit des soutiens. Tout était confus, elle avait un bras poisseux de sang, sans savoir si c'était le sien ou celui d'un autre.

Elle n'était plus très loin des bateaux qui leur permettraient de partir de cet enfer, quand une énorme explosion retentit. Le souffle la coucha au sol, et une pluie de gravas vint s'abattre sur elle. Son casque lui sauva la vie, mais ne l'empêcha pas de tomber brièvement dans l'inconscience. Elle rouvrit les yeux, le corps douloureux, la tête prise d'un tournis incessant. Elle cherchait ses compagnons du regard, et essaya de se relever. Une douleur vive irradiant de sa cheville lui fit pousser un cri. Son sabot était pris sous un gros rocher et elle compris très vite qu'elle devait avoir au moins un os brisé. Le regard flou, elle tenta de se dégager, des larmes de douleur coulant sur ses joues.
Elle ne vit qu'une forme humanoïde, habillée de pourpre et de sang, mais elle en ressentit un immense soulagement. Un de ses compagnon l'aida à se dégager, et à se relever, mais elle n'eut pas le temps de le remercier, qu'il était déjà repartit vers le but de leur fuite. Malgré la douleur, elle parvint à atteindre le pont, et sa relative sécurité. Sa vision était trouble, mais elle se guida aux couleurs. Un rassemblement de pourpre et d'or. Elle s'effondra à côté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, et perdit connaissance à nouveau. La douleur à sa cheville irradiait dans tout son corps, et elle se laissa aller à ce répit accordé par sa conscience.
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Akéllios Falcon-Eye » Dim 16 Nov, 2014 5:59 pm

Avant de rentrer à la Garnison de l'Ost, Akéllios avait un entretiens avec l'un de ses maîtres moines dans le temple du Tigre Blanc, au sommet de Kun-Lai. Ce dernier l'expliqua au gilnéen qu'il avait bien maitrisé l'art de combat, mais il lui restait un dernière épreuve qui déterminera ou non s'il peut continuer en tant que moine...

La bête était toujours présente en lui, et il devra faire ses preuves qu'il peut combattre dans un milieu hostile qui lui poussera vers ses limites et la tentation de faire appel à sa rage pour survivre.

L'épreuve avait commencé au moment même où Akéllios franchisa la porte des Ténébres.

Tout était si soudain qu'il en était déstabilisé, une seconde il se trouve dans une terre foudroyé avec un ou deux orcs gardant la porte, et juste après... Une légion d'orc dont les rugissements de guerres unis faisaient trembler l'air et le sol, des machines de guerres, des bannières sombres, des bêtes portant des cannons sur leur dos.

Fixant l'ennemi de ses yeux exhorbités, il avait l'impression d'être face à un deuxième Cataclysme. Le premier avait détruit Gilnéas et une bonne partie d'Azeroth. Cette nouvelle Horde ne fera que terminer l'oeuvre d'Aile-de-Mort si elle n'est pas arrêté.

Sans perdre un instant, il s'arma de sa fidèle lance avant de commencer à repousser les orcs; un par un. Ces orcs semblaient plus résistant que ceux d'Azeroth, leur férocité et folie meurtrière étaient incomparables. A chaque éxecution, son armure en cuir se faisait asperger de sang rouge et noir, au point de couvrir son visage qui était partiellement protégé par le bandeau rouge au niveau du nez. Il semblait bien tenir sa position, mais la fatigue commençait à prendre le dessus. Il fallait trouver une solution et vite, lorsque tout à coup...

Akéllios était projeté en avant par un souffle brûlant venant de derrière, tombant dans les escaliers.

Sonné mais toujours conscient, il ne pouvait qu'entendre un très long sifflement et de faibles vibrations de la bataille qui faisait rage. Il saigna du front, l'aveuglant. En essuyant le sang, il regarda autour de lui. Un orc au cou brisé avait amorti sa chute lourde. Il se redressa, mais sa lance s'était égarée dans la bataille.

Un autre orc venu de nul part fonca sur le moine, deux haches à la main. En contre-attaquant, Akéllios s'empara des deux haches et repris le combat, n'ayant pas le temps de regarder derrière ce qui avait causé l'explosion violente.

Il avait rejoint ses camarades qui semblaient plus perdu que lui. Il pouvait à peine voir Augustus au loin et tenta de se rapprocher, mais le chemin était bloqué par une escouade d'orc.

SURVIVEZ ! SURVIVEZ COÛTE QUE COÛTE !

COUREZ...COUREZ ! COUREZ !!!!

AU PORT ! LES BATEAUX !


Akéllios leva les yeux, les troupes de l'Alliance avaient commencé leur retraite vers des bateaux de la Horde de Fer. Sans perdre un instant, il fonça pour rejoindre les troupes.

Sur le chemin, il regarda avec choc et horreur l'état de Lomah, aidée par Aurys. Elle perdait beaucoup de sang, ce n'était qu'une question de temps avant d'arrêter l'hémorragie.

L'épreuve du jeune moine avait commencé.
C'est parce qu'chuis black, c'est ça?!
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Grita » Dim 16 Nov, 2014 7:27 pm

Trois cents mètres de course effrénée au milieu de la jungle et Grita était perdue. A bout de souffle, sur les genoux, elle s'accrocha à une liane pour ne pas tomber dans un trou boueux, fit encore cent mètres et s'arrêta. Puis elle attendit. La cavalcade du début s'était bien calmée, seuls deux ou trois orcs devaient encore la poursuivre. Parfait, elle allait s'en débarrasser et rejoindre les autres par un chemin détourné. Elle n'avait pas fini de se réjouir qu'une hache surgit devant elle, tentant de la décapiter. La paladine esquiva tant bien que mal la lame géante mais dans le mouvement, elle glissa, lâcha son bouclier et tomba sur son séant. L'orc en face d'elle se moqua sans retenue, ce qui fut sa dernière erreur. Une onde lumineuse frappa la hache et se propagea à son porteur, qui fut foudroyé sur place et tomba, raide mort. Grita se releva, prit la hache et la planta violemment dans la poitrine de l'orc. D'autres pas se rapprochaient, elle ne s'en sortirait pas si facilement.

Les poumons en feu, la jeune femme s'arrêta un instant près d'un gros rocher qui se tenait devant ce qui devait être la fin de la jungle, au vu de la lumière qui pénétrait au-delà. Bien lui en prit, car si c'était la fin de la végétation c'était aussi la fin des terres. Au-delà, il n'y avait que de l'eau, un océan, trente ou quarante mètres plus bas. Et le rocher n'était autre que le haut de la falaise ! Cette fois-ci, Grita vit sa fin. Impossible de revenir en arrière, impossible d'avancer. Au loin, elle distinguait un quai et des navires de guerre stationnés. En se penchant un peu, elle estima, au vu de la taille des vagues, la chute. Mortelle, sans aucun doute. Elle fit la moue.

Et c'est là qu'une explosion gigantesque la déséquilibra. La porte, qui était juste au-delà du bout de la falaise, venait de se prendre un boulet de canon en plein dans un montant. Et était en train de s'effondrer ! Grita perdit l'équilibre et dans un hurlement de terreur chuta dans l'eau, en compagnie de plusieurs arbres brisés par l'onde de choc. Arrivée sous l'eau, la paladine en armure lâcha tout ce qui aurait pu la faire couler un peu plus - son arme, son casque - et tenta de se dépêtrer de sa cape et de son tabard. Elle toucha le fond, poussa à fond sur ses pieds et remonta à la force de l'énergie de son désespoir jusqu'à atteindre une grosse branche flottante et à s'y agripper. Elle vit une nuée d'hommes et de femmes en armure se ruer sur les quais, en proie à une panique évidente. Et l'un des navires se détacha du quai...

A MOI !!! AIDEZ-MOI !!! JE SUIS LAAA !!!
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Claryssa » Lun 17 Nov, 2014 1:58 pm

Ça devait être une bonne journée.

Claryssa, trépignante et excitée, partait enfin avec l'Ost traverser le portail. Les quelques orcs qui déferlaient de ce dernier été rapidement maitriser. Presque déçus, enfin, elle passât, suivant les membres pourpres du bataillon.

Sa surprise une fois de l'autre coté la fit éclater de rire. Une masse énorme d'orcs bruns,équipés de pieds en cape, artillerie à l'appuie, semblant remarquablement organisés était devant elle à perte de vue.

"Hé bien, on doit reconnaitre une chose, ceux la, ils se donnent les moyens de leurs ambitions" Puis pouffât d'un rire discret.

Regardant rapidement la situation, elle se précipitât rapidement vers un petit point en hauteur ou elle pouvait être a la fois a couvert et bénéficier d'angle de tir suffisant, espérant que sa petite taille l'abriterait de la mêlée générale. Ce n'est pas ce qui manquait, empilement de caisses, piliers courts avec statues ornementales, piles de l’escaliers eux même décorés encore. Elle se mit doucement a chantonner puis de plus en plus franchement. Elle se laissât aller a sa folie douce, et commençât a faire ce pourquoi elle était la.

Petit à petit, les orcs qui entourait l'endroit ou elle était commencer a souffrir de combustion spontanés, et des flammes partaient, lézardant sur le sol, faisant prendre feu encore quelques un de plus. Ils brulaient, plutôt bien, et cela l'amusée pour de bon.

Ça aurait dut être une bonne journée.

Mais ça ne durât pas. Bien sur les orcs étaient pas plus bêtes qu'un autre et un réussis à l'atteindre, et visiblement la prit pour une balle de gnomeball, et l’envoyât plus loin dans la mêlée. On vit alors une petite gnome voler en contrebas et attérire droit sur un orc, qui visiblement ne s'y attendait pas et fut déséquilibrer par le choc. Sur un orc a terre et un peu sonnée, elle ne lui laissa pas le temps suffisant de réagir, et lui aussi fut bruler. La situation commençait a tourner au vinaigre, elle eu a peine le temps d'esquiver un coup de hache, qui malgré tout lui laissa une belle entaille sur la main. Entourée, utilisant toute ces ressources, elle se débattait, prenait des fois des coups et continuait a incendier ce qu'elle pouvait, en cherchant toujours une issus, en cherchant a suivre toujours les tabards violacés.

Quand soudain, une énorme détonation plus violente que les autres, un bruit assourdissant couvrant celui de la bataille se fit entendre. Le soleil s'éclipsat un court instant, et Claryssa vit de la où elle était une titanesque étoile de fer frapper un des piliers de la porte. Un coup au but, qui fit effondrer cette dernière.

Un hurlement se fit entendre :

AU PORT ! LES BATEAUX !

Claryssa se mit à courir aussi vite que ces petites jambes le lui permettait, la ou elle pouvait, cherchant des yeux quelque choses de connus à suivre, et vit des personnes du bataillon. Elle puisât dans ces dernières ressources physiques pour y arriver, et enfin rejoindre un bateau.

Ca aurait dut être une bonne journée.
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Hägnar » Mer 19 Nov, 2014 8:13 pm

Hägnar Marteau-fracassant contemplait la plage sur laquelle ils s'étaient échoués. On lui avait dit qu'il s'agissait de la Vallée d'Ombrelune, mais elle ne ressemblait en rien à celle qu'il connaissait, en Outreterre. Tout était encore flou. Tout s'était passé si vite...

Il se revoyait encore devant la Porte des Ténèbres. Il avait rejoint un groupe de combattants qui comme lui, s'étaient réunis pour l'assaut. Il n'était pas question de gloire ou de bravoure,mais de survie. Pour Azeroth.

A sa vision se juxtaposait dorénavant la même Porte, mais 25 ans auparavant. Il était venu assister au premier assaut de Draenor. Nombre de ses amis et cousins avaient traversés le portail, et ne sont jamais revenus. Pas avant deux décennies et demies pour les plus chanceux... ou les moins.
Pourquoi n'était il pas parti ? Il n'en savait rien. Et il en avait honte, car lorsque le portail s’éteignit pour la première fois, il avait été, certes une fraction de seconde, mais il avait quand même été soulagé de ne pas y être allé. Peut être était ce à cause de cette honte qu'il éprouvait au fond de lui qu'il était si décidé à partir ce soir.

Hägnar secoua vivement la tête. Cette fois, les choses seraient différentes. Pour sûr !
Il regarda ses compagnons. Il en avait déjà croisé certains. Mais tous possédait le même regard, un mélange de détermination et de peur. Mais ils franchiraient le portail, et combattraient. Pour Azeroth.

Le temps était venu de traverser. Hägnar empoigna son marteau et sa lame que lui avait confectionné un cousin Forge-profonde. Il courut, comme tout les autres et passa la Porte avec une seule phrase en tête. Cette phrase pourrait paraître dérisoire en d'autre circonstance, mais pour le Nain c'était quasiment un dogme : « Je le fais pour que d'autre n'ai pas à le faire ». Ce n'était pas l'honneur, ou la gloire, ou une quelconque vengeance qui importait, mais bien le devoir.

Une fois de l'autre coté, Hägnar fut pétrifié. Immobile durant un court instant, mais qui pour lui dura une éternité. Devant lui se tenait une véritable mer d'orcs au pied d'une forêt de machines de fer.
Sa vision changea une nouvelle fois. Il se vit, sur les versants d'une montagne, aux cotés de ses compagnons de l'Alliance, dos à un gigantesque arbre que l'on nommait l'Arbre Monde, et devant lui se tenait un océan de morts vivants et de démons.
Pour la première fois depuis Hyjal, il ressentait la vraie Peur.

Mais le temps n'était pas destiné à avoir peur. Il était destiné au combat. Le Nain se jeta dans la mêlée, armé de son marteau, de sa lame et de sa bravoure, en lançant un fracassant mais bien inutile vu le chaos de la bataille « POUR AZEROTH ! »

Il frappait, frappait, encore et encore, mais cela semblait vain. Pour un orc tombé, deux venaient le remplacer. Une lutte sans fin dans laquelle il paraissait dérisoire de combattre. Que pouvait il faire lui comparé à la puissance d'autres personnages, comme Khadgar qui parvint à arrêter un char de fer à lui seul ? Mais il se rappela de ce qu'on lui avait dit un jour : « au cœur du chaos, lorsque vous n'êtes qu'un parmi tant d'autres, vous vous dites que vous ne faites pas la différence. Mais votre lame est aussi mortelle que celle des héros.»
Alors il continua de frapper, frapper, encore et encore. Devant l'afflux sans fin d'ennemis, il entendit un appel de repli, et s'en retourna vers la porte. Et c'est à ce moment là qu'il vit le flux de la Porte vaciller, et disparaître. La Porte était fermée.
« Par ma barbe, ils recommencent ! » pensa t'il. Mais ils avaient eu raison de faire ça. Il fallait empêcher cette marée de fer de déferler encore sur Azeroth. Ils étaient venus ici pour ça. C'était leur mission. Leur mission suicide... Mais il avait déjà survécu à une mission suicide, et celle ci n'en sera qu'une de plus. Et de toutes manières, Khadgar saurait bien rouvrir le portail qui les ramènerais chez eux une fois tout ceci terminé.

Le combat se déplaça dans la jungle. Libérer des draeneis, tuer des orcs, encore plus d'orcs... la Peur semblait laisser place à la peur plus familière, celle présente dans tous les combats... Mais comme il avait tort de croire cela...

Il voyait les Azerothiens tomber sous les coups des haches de fer. Il s'arrêta un instant pour saluer la mémoire d'une draenei anachorète du groupe de combattants avec lesquels il avait traverser. Mais ce n'était qu'une perte de plus. Il y en aurait tant d'autre...

...comme dans toutes les guerres. Il se remémora un passage de de la bataille d'Hyjal. Archimonde était passé, le camps était en miette. Hägnar tentait d'aider un jeune humain qui s'était fait broyer les jambes par la chute d'un arbre, mais rien n'y faisait. Impossible de le dégager. Aucun soigneur à l'horizon. Il fit donc ce qu'il avait à faire pour soulager le jeune homme. Et ceci fait, il s’aperçut qu'il ne connaissait même pas son nom.
Ici, la mort était anonyme. Plus que jamais. De nombreux corps resteront jonchés sur le champ de bataille, sur la terre d'une planète qui n'est pas la leur. Jamais ils ne seraient retrouvés.

Ils combattaient désormais au pied d'une immense machine de guerre orque. Hägnar ne savait pas à quoi elle servait, et il s'en moquait. Il devait survivre. Et tant qu'il était en vie, il anéantirait le plus d'orcs possibles.

Mais au beau milieu du fracas des haches et des lames, se fit entendre un bruit assourdissant. Il vit le canon sous lequel il se battait envoyant une étoile de fer... sur la Porte des Ténèbres.
« Par mon marteau, ne me dites pas que... » lança t'il comme une prière, en contemplant la course folle de ce boulet de canon. Mais aucune prière ne put l’empêcher de s'écraser sur la porte. Et la gigantesque structure s'écroula comme un vulgaire château de carte.
Le souffle de poussière les enveloppa, et une fois dissipé, il ne restait plus rien.

Hägnar fit baller son marteau par terre. « Les fous, il l'ont détruite... ».
Il comprit alors le sentiment de désespoir et d’incrédulité dont fut envahis ceux qui passèrent la première fois. Sans même s'en apercevoir, il cria, mais rien n'y ferait. Ils étaient tous bloqués sur Draenor.

Mais il refusait d'abandonner là. Il était bloqué ici, mais il ne tomberait pas sur cette terre étrangère. Il s'était juré qu'il reviendrait. Il se mit à courir de toutes ses forces vers les quais afin d'embarquer sur l'un des navires de fer que l'Alliance parvint à voler.

Il se retourna une dernière fois. Et devant cette scène de guerre, où les gravas de la Porte des Ténèbres accompagnaient dans une mer de sang les corps des Orcs et des Azerothiens tombés au combat, il ne put lâcher, dans un soupir inaudible, empli de désespoir et non sans un certain goût amer : « Pour Azeroth... ».
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Protheus » Sam 22 Nov, 2014 3:24 pm

Un pur esprit. C'est un pur esprit, et il flotte dans le Néant Distordu tout comme moi. Sa présence est si intense ! Ça faisait longtemps que je n'avais plus rien senti. Des mois peut-être ? Ou bien seulement quelques secondes ? Impossible de savoir sans point de repère temporel. Sa présence est si douce. Rien à voir avec les démons que j'ai vaincus jusqu'ici. Tous mes souvenirs de combat remontent à ma mémoire. Il y en a tellement. L'un après l'autre, je me suis enfoncé dans le Néant Distordu. Où suis-je ? Impossible de savoir sans point de repère spatial. Sa présence est si lumineuse. J'ai l'impression d'entendre tinter de petites clochettes, mais ça n'a aucun sens : le son ne porte pas dans le vide. Je sens qu'il s'éloigne. Je ne sens plus rien. A nouveau, me voici seul avec mes souvenirs.

Il a sondé ma mémoire. Je ne suis pas du genre à ressasser des souvenirs : c'est lui qui a sondé ma mémoire, et je n'ai pas pu lui résister. Pire que ça : je n'ai même pas essayé ! Certains démons avaient déjà tenté de pénétrer mon esprit, mais aucun n'avait réussi jusqu'ici. Tous les démons matérialisent le Néant autour d'eux pour m'attaquer ou me capturer. Mais je suis plus rapide qu'eux pour analyser la situation et m'adapter aux changements de contraintes spatiales. Ceux qui peuvent essayent ensuite des attaques psychiques, mais il est en général trop tard. Ils sont rares à pouvoir fuir avant ma déflagration arcanique. Mais cette fois-ci, il s'agissait d'un simple esprit venu m'observer. C'était tellement différent. La prochaine fois, je ne me ferai pas surprendre.

Je ne suis plus seul. Ils sont si nombreux. C'est une armée qui traverse un portail. Parmi eux, il y a des humains, des nains, des elfes. Aurais-je retrouvé le chemin d'Azeroth ? C'est ma chance, je la prends. Quelle sensation extraordinaire ! Le monde est stable autour de moi. Il y a un haut et un bas, des causes qui précèdent leurs effets, la lune qui m'éblouit dans le ciel, des bruits de métal, du sang... une puissante aura démoniaque provient de sous le sol. C'est un démoniste orc dont l'énergie est drainée pour alimenter... La Porte des Ténèbres est ouverte ! Et la Horde est en contrebas. Nous sommes en Draenor. Mais à quelle époque ? La jungle nous entoure encore, le portail est actif depuis peu. C'est bien Khadgar, là-bas, mais qui sont ces étranges satyres bleus à ses côtés ?

Il m'a vu ! Khadgar est vraiment un mage exceptionnel : il a réussi à voir mon esprit désincarné au milieu de tout ce tumulte. Son regard étonné ne laissait aucun doute, il m'a reconnu. Je vais faire mon possible pour les aider. Des machines à âmes alimentent encore la Porte. Je vais...

Je suffoque. Comment un esprit décorporé peut-il suffoquer ? Le portail vient de se refermer. Plus aucun lien n'existe de ce monde vers Azeroth. Je suis coupé de mon propre corps. Mon esprit est coupé de mon corps ! Je suis en train de mourir. J'ai peur.

Qu'est-ce qui m'est arrivé ? J'ai mal partout. J'ai un corps ! Ce n'est pas le mien. Je suis encore en Draenor. Qu'est-ce que je suis lourd ! Et lent. Mon corps d'emprunt est jeune et très musclé, et pourtant j'ai du mal à me relever. Le moindre déplacement prend une éternité et me demande un effort considérable. Cette armure me gêne, je vais l'enlever. Je l'enlève. Il faut décrocher cette lanière. J'ai vraiment du mal à contrôler précisément mes doigts. Foutue lanière ! Je dois garder mon calme. C'est mieux. Encore une lanière et je pourrai enlever cette cuirasse. Quelle galère ! Bon, tant pis pour le reste, il ne faut pas que je sois séparé du groupe.

Je n'arriverai jamais à suivre un tel rythme, j'ai déjà du mal à ne pas tomber à chaque pas. J'ai l'impression d'être un adolescent, comme si mon corps avait grandi trop vite. Mes bras pendent lamentablement tandis que j'avance, je dois ressembler à un singe. Comme ça, c'est mieux. Et puis ça me permet de mieux garder mon équilibre : je peux courir. Le soldat dont j'ai pris le corps devait être sacrément fort, je rattrape le groupe sans effort. J'espère que ce n'est pas moi qui l'ait tué. Il vaut mieux que j'évite de me faire remarquer jusqu'à ce qu'on soit en sécurité.

Encore ces satyres bleus. Et voilà des orcs, il va falloir se battre. Ah, ceux-ci ont l'air d'être avec nous. C'est Thrall ! Comme il a vieilli. Et là, des taurens, des gnomes, des gobelins. Incroyable, il y a même des trolls ! Quel rassemblement hétéroclite. Et toujours plus de ces satyres bleus. Comment les ont-ils appelés ? Des draeneï. Ils doivent être natifs de Draenor.

Je n'aime pas le plan qui est en train d'être décidé, mais je n'ai pas vraiment le choix. Ils m'ont donné une hache d'orc. Je n'aurais pas cru pouvoir manier avec autant de facilité une arme aussi lourde. Ils me prennent pour un soldat, mais je n'en ai que l'allure. Comment se sert-on de ça ? Certains commencent à me regarder d'un air bizarre. Il faut que je vois à quoi je ressemble. Voyons ce dont je suis capable avec ce nouveau corps. C'est ma voix, ça ? Charmant. Bon, au moins, j'arrive encore à lancer des sorts. C'est comme ça qu'ils me voient ? Je suis assez bel homme. Et terriblement jeune. Ah, je crois que je sais pourquoi ils me regardent de travers : mes yeux ont retrouvé leur aspect hors du commun. Les pupilles ont disparues derrière une brume grisâtre. Il va falloir que j'évite de regarder les gens directement.

Pas facile de ne pas être repéré au milieu de la bataille. J'espère que personne ne remarque que je lance des sorts. Ils vont me prendre pour un lâche à rester derrière, je vais aller faire tour au premier rang.
Finalement, ce n'était pas une bonne idée. Ces orcs ont une force herculéenne. Mon bras est encore engourdi par l'impact des armes l'une contre l'autre. Au moins, celui-ci ne fera plus de mal : la décharge arcanique que je lui ai lancé à bout portant lui a éclaté tous les vaisseaux sanguins.

Ils ont tous l'air ahuris par l'effondrement de la Porte des Ténèbres. La Horde est plus rapide à réagir. Il faut faire quelque chose. On va se faire massacrer si on ne se reprend pas très vite. Personne ne me regarde, c'est parti ! Une vague d'orcs qui volent, une. Ça nous laisse un peu de répit.

D'accord, les bateaux sont là-bas. C'est la débandade chez nous, j'ai l'impression qu'il y a pas mal de blessés. Je pense qu'ils ont compris que je restais en arrière pour les couvrir. Pas la peine de tuer tous les orcs, il suffit juste de les ralentir. Quelques obstacles, étaler le feu sur la plus grande surface possible. On n'a pas toujours sous la main un barrage hydraulique à faire sauter.

Ils vont finir par me déborder. Tant pis pour les apparences, je me suis téléporté.

Personne ne me pose de question. Tout le monde a l'air exténué. Je ne sais pas où nous mène ce bateau, mais j'espère que c'est au calme. Voyons voir comment on enlève le reste de cette armure. A défaut de composants pour faire de véritables enchantements, quelques tatouages de protection me protégerons mieux que ce fatras de métal et de cuir. Il va falloir que je trouve des vêtements plus légers. C'est triste à dire, mais vu l'état général des passagers, il y aura de l'équipement disponible d'ici peu.
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Re: Coupés du monde....

Messagepar Eldarion » Jeu 27 Nov, 2014 9:59 pm

Une nouvelle bataille.
Une nouvelle fois la porte des Ténèbres.
Une nouvelle fois les orcs.
Une nouvelle fois Khadgar.

Darion restait calme, comme toujours. Il avait confiance en l'Archimage, il avait confiance en la Connétable dans une moindre mesure, et surtout, il avait confiance en ses capacités. Quoi qu'il arrive, il saurait faire face. Où qu'ils débarquent, il s'adapterai. Quel que soit le nombre d'orcs, il se battrait jusqu'au bout.
Il trouvait une satisfaction sombre et calme dans cette idée, comme établissant un roc bien solide sous ses pieds.
Non pas fait pour faire la guerre, mais fait pour poursuivre une seule et unique mission jusqu'à la fin de ses jours. Si cela devait être la guerre, soit.

CHARGEZ !

Une décharge d'adrénaline parcourut ses membres. Il prit sa place. Quelques pas en arrière du bataillon, une rangée de flèches plantées à ses pieds. Il ouvrait l'oeil.
Une vue d'ensemble du champ de bataille. Son but n'était pas de tuer le plus d'orcs possible mais de sauver le plus de compagnons possible.
Une flèche dans la nuque pour celui qui levait une hache dans le dos de Lutgardis.
Dans l'oeil, puis en plein dans une gueule ouverte pour ceux qui attaquaient une connétable déjà entourée d'ennemis.
Dans le genou, pour celui de trop qui chargeait contre Merrlyn.
Il s'enfermait ainsi dans une bulle de concentration, encochait, visait, tirait, appréhendait le champ de bataille pour apporter ce soutien. Une simple baguette de bois à la tête d'acier, si peu et pourtant si nécessaire.

Une légère accalmie dans le flot d'orcs qui traversaient la porte, Darion courut à la suite du bataillon pour passer de l'autre côté.

Un moment de désorientation totale, cette sensation de ne plus tout à fait exister, pas dans le monde réel en tout cas. Et ce choc qui remontait jusqu'à la gorge en se trouvant soudainement sur la terre ferme.

Une jungle immense, et avant tout, une horde comme il n'en avait pas vue depuis longtemps. Des milliers d'orcs, prêts à en découdre. Un lieu inconnu, et pourtant... Et pourtant, l'air avait quelque chose de connu, comme un vieux souvenir qui refuse de se préciser. Durant de longues secondes, Darion scruta le lointain en espérant apercevoir quelque chose. Quoi, il l'ignorait, mais quelque chose de familier.

Mais il n'y avait pas le temps pour ça, Khadgar et Maraad repartaient déjà, le bataillon les accompagnait.
Regardant derrière lui pour s'assurer que personne ne serait laissé en arrière, Darion aperçut une lueur dorée au milieu d'un groupe d'orcs.
Une masse de cheveux noirs, un profil qu'il lui sembla reconnaître, cela suffisait pour qu'il reste en arrière.
Il profita de ne pas avoir encore été repéré pour encocher quelques flèches et réduire de moitié le nombre de assaillants, morts ou gravement blessés, ils ne représenteraient plus une menace.

Lorsque certains orcs se tournèrent vers lui, il dégaina dague et épée courte et se jeta dans la mêlée. Il se fraya un passage sanglant jusqu'à cette lueur dorée qui faiblissait de seconde en seconde.
Anaryos ! Elle tenait bon, mais cela ne durerait pas éternellement.

- Recule !

Darion se dressa face aux orcs et leur barra le passage le temps que la jeune femme puisse reprendre ses esprits et fuir dans la jungle.
Il ne put lui offrir que quelques dizaines de mètres d'avance avant de devoir prendre ses jambes à son cou. Rapidement, il la rejoignit et l'attrapa par le bras pour la tirer en avant. Plus vite, il fallait aller plus vite. Les orcs ne les chercheraient sûrement pas longtemps, s'ils arrivaient à se mettre hors de vue, la partie serait gagnée.

Il sentait la jeune femme peiner à suivre son rythme fou, ralentit le temps de quelques pas pour passer un bras autour d'elle et la porter à demi, la soutenir pour lui éviter de trébucher, repartir de plus belle, slalomant entre les arbres qui devenaient de plus en plus grands, traverser les buissons qui se faisaient de plus en plus épais.
Les bruits de la bataille s'éloignaient trop, Darion n'oubliait pas qu'il fallait rejoindre le bataillon, il entreprit de dessiner un large cercle pour petit à petit se rapprocher de la côte.

Mais un buisson d'épineux n'était pas de cet avis, il retint la robe de la jeune femme et les deux fuyards furent violemment tirés en arrière. Le temps de dégager le tissu, les orcs encore à leurs trousses se rapprochaient dangereusement.

Darion creusa frénétiquement sous le buisson et y poussa la jeune femme, tant pis pour les épines qui s'accrochaient encore à elle, une collection d'égratignures valait mieux que la mort. Il escalada ensuite un arbre tout proche, et soudain, le silence retomba. Leurs traces étaient bien visibles, malheureusement.

Le petit groupe d'orcs s'approcha pour les examiner. Un sifflement fendit l'air et le plus avancé du groupe tomba en arrière, une flèche plantée dans l'oeil.
Quelques secondes après, un deuxième tomba, touché à la gorge, un troisième à l'épaule recula précipitamment.
Les orcs restants se reculèrent hors de portée et tinrent un bref conciliabule avant de s'éloigner.
Don't ever mistake my silence for ignorance
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Eldarion
 
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